Sony prépare déjà la relève de la PS5 et la question du retour à une console exclusivement PlayStation s’impose avec insistance. L’entreprise, qui a vendu plus de 50 millions d’unités de PS5 depuis 2020, fait désormais face à un marché saturé et à une génération de joueurs qui ne jure que par la portabilité et le cloud.
Le calendrier industriel évoque une sortie probable du nouveau modèle entre 2028 et 2029 d’après Bloomberg et MST Financial. Le retard serait lié à la pénurie mondiale de mémoire vive provoquée par la ruée vers les data centers d’intelligence artificielle. Le coût de production grimpe donc mécaniquement et rend improbable un tarif inférieur à 600 dollars. Le ticket d’entrée complet avec un éventuel module portable pourrait atteindre 1 000 dollars.
Sony collabore étroitement avec AMD sur un projet baptisé Amethyst qui introduirait les Radiance Cores pour le ray tracing et les Neural Arrays pour l’upscaling. Le prototype viserait 16 Go de RAM et un SSD d’un téraoctet. L’entreprise veut conserver une architecture propriétaire tout en intégrant le Wi-Fi 7 et la norme HDMI 2.2. Ces choix techniques confirment que la firme n’a pas renoncé à l’idée d’une machine fermée, pensée pour un usage exclusif.
George Osborn, analyste et fondateur du Video Games Industry Memo, estime que Sony « continue de miser sur son modèle historique tout en plaçant quelques jetons sur le portable ». Il parle de « side bets » pour qualifier le projet de console d’appoint qui accompagnerait la PS6. L’idée serait de retenir les joueurs dans l’écosystème PlayStation sans les pousser vers le Steam Deck ou le ROG Ally.
La stratégie du tout-connecté a pourtant montré ses limites. L’ouverture vers le PC a certes élargi la base de joueurs mais a aussi érodé la valeur symbolique de la marque. Les ventes de jeux exclusifs ont été cannibalisées et la polémique autour de l’obligation d’un compte PSN sur Steam a terni l’image du constructeur. Le constat est brutal pour les insiders du secteur qui voient dans la dilution de l’identité PlayStation une perte de prestige.
Le marché des consoles traverse une phase de contraction. Les générations Z et Alpha consomment le jeu vidéo sur mobile et ne perçoivent plus la console de salon comme un objet de désir. Les trentenaires et quadragénaires restent le socle principal mais leur pouvoir d’achat stagne. Dépenser 1 000 dollars pour un appareil dédié à un seul usage devient un luxe que peu peuvent justifier.
Pourtant, un mouvement inverse se dessine. Le goût du rétro et la fascination pour les objets monofonction séduisent à nouveau. Le phénomène du « digital detox » s’étend aux loisirs numériques. Le geste de lancer une console pour une expérience fermée et maîtrisée retrouve une valeur émotionnelle que le streaming a effacée. Une PS6 recentrée sur le jeu pur pourrait donc incarner ce retour à la simplicité.
Sony, en misant sur une console fermée, pourrait regagner ce que la connectivité lui a fait perdre. Une identité.

